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Monthly Archives: juillet 2012

La Batuk, musique de femmes

Par

La onzième île du Cap-Vert. La Batuk, l’autre musique du Cap Vert. Concert privé.

 

Le Cap Vert

Une belle caméra toute neuve, des micros stéréo, l’équipe de tournage française qui vient de s’asseoir à une table de “notre” café nous intrigue. Le preneur de son filiforme à lunettes noires semble sortir d’un backstage des Rolling Stones, la cameraman plaisante en créole avec une jeune Capverdiene, leurs rires se terminent par une accolade chaleureuse. Caroline va à la rencontre de ses collègues. “Ce n’est pas un film pour la télévision nous explique Cécile Canut, on travaille dans le cadre d’unj projet de recherche.” Cette femme pétillante d’une quarantaine d’années enseigne à Paris Descartes. Elle travaille sur les récits de migrations. Les chiffres nous font comprendre pourquoi elle a choisi le Cap-Vert. La population de l’archipel compte 400 000 habitants, mais sa diaspora est évaluée à 800 000 âmes. On dit ici que ces émigrés forment la onzième île du pays.

 

 

La batuk à main nue.

 

 

Une sorte de pouf frappé à main nue

Cette situation engendre des séparations douloureuses. Un thème qui pèse lourd dans le cœur des femmes capverdiennes et qu’elles expriment à travers une forme musicale particulière : la Batuk ou Batuku. Cet ancien chant d’esclave interdit par les colons et l’église s’accompagne de percussions. L’instrument est une boule de tissu compacte couverte de plastique ou de cuir que l’on frappe à main nue. Les phrases d’une chanteuse-leader sont reprises en cœur par les percussionnistes. Cette musique énergique ne ressemble en rien à la morna, beaucoup plus sentimentale que chante Cesária Évora. Elle s’accompagne de deux ou trois femmes qui dansent le Tornu, en frétillant des hanches ceintes d’un foulard, avec une grâce farouche.

 

 

Un groupe de femmes joue ce soir pour le documentaire de Cécile, exceptionnellement un homme prendra part à cet art féminin. Elle nous propose d’y assister. “C’est au restaurant Mangui Baxu”, cela ne nous dit rien, elle ajoute “près d’un grand manguier”, on va trouver.

 

Dja porte le deuil de son père

 

Le groupe se met en cercle, mais Cécile est déçue. Dja, la meilleure chanteuse, le personnage principal de son film refuse de participer. Elle a perdu son père il y a deux mois et doit porter le deuil pendant un an. Pour Caroline et moi cela ne fait pas grande différence, sous la petite ampoule nue, nous assistons fascinés, à ce concert privé.

 

 

Cette petite vidéo faite avec mon appareil photo ne rend rien de la beauté des sons mats de la peau contre ces instruments sans caisse de résonance. Et pour les voix, c’est un peu comme entendre chanter au téléphone. Mais c’est le seul document que nous avons pu faire.

J’espère que vous pourrez voir un jour le film de Cécile Canut : “L’île des femmes”

 

 

 

Batouk.mp4 from Loick on Vimeo.

L’éthique et le compresseur

Par

Une promesse à tenir. Un compresseur à vendre. La plongée sous le phare. Soupçons de braconnage en bouteilles. Les accords de pêche pèchent. Un cadeau avant de partir.

 

Le Cap Vert

Lorsque nous avons rencontré Alex à Agadir, il nous a promis de nous emmener plonger. Il aura fallu plusieurs mois et des centaines de milles pour qu’il puisse s’acquitter de sa promesse. Une plongée que l’on attendait comme un cadeau de Noël. Caroline et moi avions passé un Advance Pady en Thaïlande il y a quelques années. C’est loin. On ne se souvient plus de rien sauf que l’on a adoré ça. Notre stage de remise à niveau aura pour décor la baie de Tarrafal, où nous avons mouillé l’un à côté de l’autre. Alex, plongeur professionnel, formé pour l’encadrement et l’instruction, dispose d’un compresseur et deux blocs dans les fonds d’Antouka. En grande croisière, le compresseur est un objet précieux, il permet un accès durable à l’autre moitié du monde.
 

Un sourire préoccupé

 

Les pêcheurs de la plage utilisent exactement le même modèle pour gonfler leurs bouteilles. Naïvement, je me suis demandé à quoi pouvaient servir des bouteilles de plongée pour la pêche. Zezihnio, plongeur et président de l’association des pêcheurs, m’a répondu que c’était utile pour la mise en place des filets. Visiblement tellement utile (et difficile à se procurer au Cap Vert) qu’un acquéreur s’est présenté pour acheter celui d’Alex dès les premiers tours de moteur. Ma est un grand type sérieux qui va sur la quarantaine avec une expression préoccupée.

Alex a un compresseur pour les bouteille, ce pecheur veut lui acheter

Ma, le pêcheur préoccupé

Traduit par Zezihnio, il explique qu’il emmènerait la machine de l’autre côté de l’ile, s’épargnant des heures de trajet pour remplir ses bouteilles. Le compresseur ferait vivre plusieurs familles. Spontanément, Alex est tout disposé à vendre à bon prix. La transaction s’établit autour de deux mille euros. Ma promet de réunir l’argent dans la semaine et repars du bateau d’Alex avec un sourire préoccupé.
 

Jolis monstres !

 

Nous plongeons sous le phare. Les fonds de la baie ne pourraient pas servir de carte postale pour un voyage de noces, mais le plaisir de l’immersion n’est pas que visuel. C’est un jeu, sensoriel et contemplatif. Presque une méditation. D’abord, il y a l’apesanteur. Le moindre souffle affranchit de la gravité, inspirer élève vers la surface, expirer plonge dans les profondeurs. Planer. Fluide. C’est un vol de moindre énergie où on aimerait avoir le coup de palme précis comme un coup d’aile d’albatros. Ne pas s’emballer, durer, garder le coeur lent, les poissons le sentent. Lorsque l’on tente ce yoga, pas besoin de croiser le dahu des grands fonds pour réussir sa plongée.
 

Un instructeur plongée très sensé

Alex, un féroce instructeur

Je garde l’image d’un face à face avec deux cigales de mer, mimétiques sur le rocher. La grande cigale (scyllarides latus) est un animal un peu rare, délicieux et protégé en France. Je me suis approché à moins d’un mètre, elles ne bougeaient toujours pas. Elles m’observaient. Jolis monstres !
 

Un problème moral

 

La semaine passe. Ma et Zezihnio reviennent aborder Antouka à la rame dans une de ces belles barques colorées de la plage. Le pêcheur a besoin d’un délai, il a du mal à réunir l’argent. Entre temps, Alex a joint sa banque qui refuse de lui prendre des escudos capverdiens. Il faudra payer en euros. Ma encaisse la nouvelle en acquiesçant stoïquement. Zezihnio parle pour lui : il va falloir qu’il aille à Praia, la capitale. La transaction est repoussée à la semaine suivante.

Ce délai ennuie Alex, il doit partir en transat pour les Caraïbes la saison des cyclones ouvre dans deux semaines. Cette vente le taraude aussi pour une autre raison dont il veut nous parler. Il est de plus en plus persuadé que les bouteilles servent à pêcher des crustacés et du poisson à l’arbalète. Il a vu un sac à riz plein de langoustes au milieu d’un équipement. Céder ce compresseur revient à participer à une sur-exploitation des fonds, mais, par ailleurs, cela permet d’aider des familles de pêcheurs à mieux vivre – et il est clair que Ma ne fait pas parti des gens qui nagent dans le superflu. Alex pose son problème moral au milieu de la table du carré de Loïck. Doit-il vendre le compresseur ? Et nous voilà tous les trois bien perplexes.
 

Braconnage ou pas

 

Qu’en pense le président d’association des pêcheurs ? Zezihnio me fit une réponse très claire : la surpêche n’est pas le fait des pêcheurs côtiers du Cap Vert qui partent la nuit avec les barques poussées par un 9.9 hors d’age. Et les quelques bouteilles de l’ile n’y changent rien. La surpêche, ces travailleurs de la mer l’observent la nuit pratiqués par des bateaux étrangers illuminés comme des paquebots de croisière. Il désigne clairement les Espagnols, les chinois et les japonais (1). Lorsqu’il était petit, les requins venaient au bord de la plage. Son père les attrapait par la queue pour amuser les enfants. Aujourd’hui, ils ont complètement disparu de la baie. (Et ce n’est pas faute d’avoir mis du sang dans l’eau, j’ai chassé presque tous les jours sans jamais voir un aileron.)
 

La plongée, l’art du moindre mouvement


 
À la réflexion, ce serait même un comble de pénaliser les pêcheurs artisanaux d’un pays dont le PIB par habitant est dix fois moins élevé que la France. Si n’y avaient qu’eux, les cinq cents mille capverdiens ne risqueraient pas de venir à bout de ces eaux parmi les plus poissonneuses du monde. Braconnage ou pas.
 

Deux grandes cigales

 

Dix jours plus tard, Ma, Zezinhio et un jeune accostent la coque jaune d’Antouka. Mille six cent quarante euros, c’est tout ce qu’il a réussi à rassembler (dont deux billets de 500 que je vois pour la première fois). Il ne pourra pas faire mieux. Alex accepte de vendre et ajoute un bloc bi-bouteilles dont il pense ne plus avoir l’usage. Le regard de Ma exprime toute la reconnaissance du monde sans que son visage ne perde son expression préoccupée. C’est Zezihnio qui sourit pour lui. Le lendemain, la veille du départ d’Antouka, Ma est passé à bord avant de partir à la pêche. Il a chargé un gros sac à riz sur le pont du bateau comme cadeau pour Alex. À l’intérieur nous avons découvert six belles langoustes et deux grandes cigales.

Les pêcheurs le remercient chaleureusement avec un festin de cigales de mer

Le cadeau : une grande cigale

 
 

(1 ) Un accord de pêche a été signé en 2011 avec l’Union Européenne pour 62 navires. Le Japon a construit des quais de pêche à Mindelo et Praia ainsi que des infrastructures (chambres froides, production de glace…). Pour bien comprendre la dimension de ce pillage (outre les problèmes de corruptions qui font souvent que l’argent de ces accords ne profite pas toujours à l’intérêt général du pays), un rapport de la WWF, “Méthode d’évaluation des impacts des accords de pêche”, publié en 2011, mentionne un rapport de l’UE sur les accords signés d’où il ressort que chaque Euro investi rapporte entre 3 et 6 euros. La pêche au Cap Vert semble donc extrêmement rentable pour les Européens.

Gardien d’annexe

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“Je garde ton bateau”. Le prix de la paix. Les chemins de la roublardise. Les Européens vus comme des distributeurs de billets. Le gardien se rembourse.

 

Le Cap Vert

Alors que nous cherchons le bon endroit pour notre premier débarquement sur la plage de Tarrafal, un adolescent se sépare d’un groupe et court le long du rivage. Il fait des grands signes pour nous signifier de venir à lui. Il est rejoint par un jeune homme solide et grand. En un instant l’annexe est soulevée et portée en haut de la plage. “Je te garde le bateau” déclare le garçon d’une voix autoritaire.

Les pêcheurs partent pour la nuit en mer

Mal à l’aise, nous tardons à répondre. Le costaud au regard mi-clos ajoute “pas de problème” avec un sourire. Coût de ce gardiennage : 500 escudos (5 €).
On sait que l’on va dire non, mais il faut que tout se passe bien. C’est un moment délicat et désagréable de plus en plus fréquent en grande croisière.

Trop de bateaux au budget confortable se débarrassent du problème en payant, en particulier si l’escale ne dure pas. Derrière le sentiment de faire une bonne action, ils calment leur inquiétude pour ces précieuses annexes. Qui sait ce qu’il se passera si l’on ne paie pas ? Cet ado véhément n’est-il pas capable d’un petit coup couteau dans le boudin pour assurer son commerce ? Et puis quoi ! Il est plus que probable que cette somme servira à une famille entière, le gamin ne sera que trop fier de donner l’argent à ses parents. Cinq euros pour acheter la paix des armes et de la conscience. Est-ce si cher ?
 

4 euros par jour

 

Je rapportais l’histoire à Zézihnio, le président de l’association des pécheurs, qui me faisait observer : “si tu lui donnes 500 escudos, il aura gagné plus que son père qui a passé la nuit en mer”.
Lorsque nous étions dans le gîte de Sandro dans la montagne de Santo Antao, nous lui avons demandé combien il payait ses employés : 12 000 escudos / mois (120 €). Cette somme permet de dépenser 4 euros chaque jour du mois.

Zezihnio, un président jeune mais mature

Zezihnio, un président jeune mais mature.

Avec ces références en tête, on comprend mieux les perturbations que peut faire un salaire de 5 euros gagné par un jeune de 15 ans resté assis trois heures sur une plage. Si l’oisiveté opportuniste du fils rapporte plus que le travail laborieux du père, la hiérarchie familiale risque fort d’être ébranlée. La valeur du travail vol en éclat en pavant les chemins de la roublardise. Tel est, en substance la pensée de Zezihnio. L’ado, qui ne perçoit pas la part d’obole dans son salaire, accréditera le mythe d’une Europe prodigue.

 

Porte-monnaie sur pattes

 

Le calcul est d’autant plus mauvais que le généreux client passe pour un gogo. Bientôt chacun saura sur la petite communauté de la plage que le “yachty” dégorge les billets à la moindre pression. Ce qui lui vaudra l’affection des filous et le mépris des gens sérieux. Sous une auréole d’autosatisfaction, le bienfaiteur est perçu comme un sac de monnaie balourd et ignorant dont il finira bien par tomber quelques pièces sonnantes. Et il finira par se plaindre, avec raison, que l’on en veut qu’à son argent.
Après cela, comment espérer vivre ces moments privilégiés des voyages où l’hôte et le visiteur se trouvent, à l’équilibre, heureux de partager la même humanité.

 

La baraque de Suzie

 

Quelques jours plus tard, nous recroisons Nazu, le grand costaud au regard mi-clos. Il fait partie des quelques personnes qui parlent un peu de Français sur cette plage. Il se plaint de ne pas avoir mangé depuis hier. Nous lui proposons de l’inviter à déjeuner, nous allons justement à la baraque de Suzie qui sert des plats sur le haut de la plage. Il refuse, mais nous accompagne et commande pour nous en créole. Il nous traduit la note : 250 escudos le plat, 120 la bière.
 

Suzy qui prépare à manger dans sa gargotte sur la plage. Poulet roti, riz et quelques frites 2 euros. Parfait.


 
L’activité de cette plage nous captive. Sous les “spias”, le carré d’arbre où nous avons déjeuné, un groupe de femmes jouent aux cartes ; une petite assistance regarde le charpentier calfater une barque retournée ; derrière le filet qu’ils ont suspendu dans un arbre pour le ravauder,  les silhouettes de pécheurs se découpent en contre-jour ; une femme dort sur le sable ; deux garçons jouent à l’aouélé ; un couple de Français perdus dans la contemplation oublie le temps qui passe. Plus loin une partie de foot s’organise. Lieu de travail, de vie, de détente, cette plage est aussi la place du village des gens de mer de la ville.

Les prix des poissons varient selon la générosité de la pêche du jour

 

Tout à ce spectacle, je vais reprendre une bière chez Suzie. Elle me fait payer 100 escudos, je lui demande à combien sont les plats : 200 escudos.  Je vais trouver Nazu et lui demande s’il a pris une commission sur le repas. Il me répond oui en riant avec une telle franchise que ça m’a fait rire aussi.

Armé pour le mouillage

Par

 

Un charmant délinquant. Des ressources pour le mouillage. Le confort des marinas. Notre premier mouillage forain.

 

Surpris, nous découvrons deux petits cœurs roses peints sur l’étrave de Loïck. Charmants, guillerets, pimpants, encore frais. Nous avons maintenant quelques amis à Mindelo, nous en faisons la liste mentalement pour savoir quel pourrait être le délinquant qui nous veut du bien. Un nom clignote en rouge : Alex !

Qui a osé nous taguer la coque ?

Qui a osé nous taguer la coque ?

Nous débarquons sur Antouka pour cuisiner notre suspect. Il nie avec un grand sourire et change de sujet en nous invitant tester la pompe à eau de mer qu’il a installé sur son évier en prévision de notre prochain mouillage à Tarrafal. Pour Loick, ce gros village sur l’île de Santiago sera notre premier mouillage forain depuis notre départ de Brest.

 

 

Ville ou campagne ?

 

Après un début de voyage pragmatique, qui nous a fait passer par la marina d’Agadir (le mouillage est interdit au Maroc), puis par celle de Mindelo, Loïck a besoin de s’éloigner des commodités de la ville pour éprouver ses aptitudes vagabondes. Il a été armé pour le mouillage : une annexe à fond rigide avec 2 hors-bord possibles (2 et 10 cv) suivant les distances à parcourir ; une plateforme pour faciliter l’accès à l’eau, tant pour le bain, que pour la toilette ou le transbordement des bidons et de l’avitaillement ; 180 watts de panneau solaire et 380 d’éolienne pour 330 ampères, une équation limite pour l’autonomie énergétique du bord qui nous oblige à choisir entre le frigo et les ordinateurs ; une pompe à eau de mer pour économiser l’eau douce.

 

Une baie bien protégée du NO

Une baie bien protégée du NO

 

Cette configuration a minima permettrait au bateau de se passer de marina sans que ce soit un drame. C’est comme ça que nous avions navigué dans le Pacifique lors de notre premier voyage. Le mouillage nous donne un sentiment de vie à la campagne. La marina, c’est la ville.

 

Marinas ou mouillage ?

 

À propos des marinas, une inquiétude nous tisonne. Le travail de montage des vidéos, de tri des photos, l’écriture nécessitent deux ordinateurs allaitants une portée de disques durs gloutons comme des nouveau-nés. La tentation de céder au confort électrique des pontons nous menace ?  Comme il guette tous les bateaux de voyage. Aux Fiji nous avions rencontré des bateaux qui n’avaient pas mouillé plus de dix fois en un demi-tour du monde. Le tour du monde des marinas est une autoroute très empruntée par les bateaux de voyage. C’est simple et agréable. Pour nous c’est un piège pour d’autres un choix.

 

En haut du mont Graciosa, vue de la baie et de Tarrafal

Au fond de la baie, une jolie plage pour débarquer


 

Nous avons un ami qui a pris une option de voyage radicalement différente. Pour le plaisir de naviguer vite, il barre un 54 pieds, mat carbone, une bête de course confortablement aménagée qui file de marina en marina. Outre les questions de sécurité, il aime la convivialité des pontons. Il faut avouer que ces villages flottants sont une mine d’informations, d’échanges et de rencontres (Alex par exemple). Ces qualités produisent aussi la limite des yacht-clubs, on y célèbre surtout le plaisir d’être entre soi et ça finit par sentir le renfermé. Il n’a pas plus sûr moyen de passer à côté de la population du pays.

 

A l’heure de Tarrafal

A Tarrafal, on, prend le temps de vivre

A Tarrafal, on, prend le temps de vivre.

 

Tarrafal nous dira si nous sommes toujours en phase avec nos choix, si Loïck est bien le bourlingueur qu’on croit.

Nous posons l’ancre sur le sable d’une belle baie à l’eau claire. Ici on n’hésitera pas à utiliser l’eau de mer pour faire cuire les patates. Le temps de mettre l’annexe à l’eau et nous accostons sur une plage dessinée avec élégance. À quelques pas en montant, la grande place de cette petite ville s’entoure de tous les bâtiments importants. L’église sonne midi, machinalement je lève les yeux sur le fronton de l’école pour vérifier l’heure. Je m’aperçois que l’horloge est peinte, ses aiguilles fixées éternellement sur midi moins dix. Je sens que l’on est là pour un bout de temps.