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Monthly Archives: septembre 2012

Café salé

Par

 

Fuite au reservoir d’eau. Pas de panique. Une petite réflexion.

 

Si notre traversée de l’Atlantique était un morceau de musique, ce ne serait pas une fugue, mais une sonate pour instrument à vent. Après une lente ouverture adagio et second mouvement vivace avec quelques couacs, nous entamons un final presto. Une bonne brise souffle et le gréement chante. Loïck valse vers le Brésil au rythme de 160 milles par 24 heures. Il est temps que l’on arrive nous allons manquer d’eau douce.

 

 

5 litres d’eau potable

 

 

Pas inquiets juste un peu embêtés.

Depuis quelques jours le réservoir suinte, probablement une microfissure sur une soudure. Nous ne sommes pas inquiets, la fuite ne doit pas débiter plus d’un litre par jour et il nous reste 200 litres. Ce qui est réellement ennuyeux c’est que cette eau est salée. Ce matin le café était imbuvable.
Dans l’évier de la cuisine, nous avons une arrivée d’eau de mer qui nous sert à faire la vaisselle. Au début on a pensé que la cafetière avait été mal rincée. C’est après le deuxième pot de café que l’on a eu l’idée de goûter l’eau. La cause n’a pas été longue à trouver : le joli vent qui nous fait avancer si vite au bon plein a aussi poussé quelques vagues à grimper sur le pont. Le nable au pied de mat était mal vissé. Voilà une erreur toute bête qui nous fait passer du confort au rationnement, car bien sûr les autres réservoirs sont vides.
L’inventaire des ressources à boire n’est pas critique, cette eau saumâtre permet tout à fait de faire la cuisine. Nous avons du vin, de la bière, du cidre (et un peu de coca). Il reste deux bidons de trente litres sur le pont dédiés aux douches, mais, après les avoir ouverts on renonce à les utiliser pour boire. Avec la chaleur des algues vertes et brunes tapissent les parois, on imagine que cette eau doit être pleine de nitrate. En fait, il ne nous reste qu’une bouteille de cinq litres d’eau minérale. On arrive dans 4 jours. Il va falloir se passer de café, pas bien grave.

 

La mer est sévère

 

Notre dernière mangue. En fin de traversée on manque aussi de fruit.

Ce petit incident me laisse quand même un arrière goût désagréable. Ce n’est pas que je suis vexé d’avoir mal refermé le bouchon du nable, je m’aperçois surtout je n’avais même pas imaginé que l’eau de mer puisse contaminer l’eau douce. Combien d’autres cas du genre en souffrance ? Cette fois-ci, c’est sans conséquence, mais une autre fois l’eau pourrait bien tourner vinaigre ! Mais quoi ? Malgré toute l’expérience que je pourrais accumuler et toute la vigilance dont je pourrais faire preuve… L’erreur est humaine… Alors ? Comment faire ?

Cette pensée que tout le monde a déjà eue prend un accent grave sur l’eau. Je sais que l’environnement ne m’offrira pas les recours que je trouvai à terre où l’on pardonne si facilement, l’inconséquence, la négligence, l’étourderie, l’inconscience. La mer est sévère, elle contraint à la lucidité, y compris sur soi. Précisément. Il faut reconnaître que c’est aussi pour ça qu’on est là.

 

 

Qui mieux que nous…

Par

 

 

Loin des cotes, les rêveries contemplatives par petit temps forcent le lyrisme.

 

L’évènement : le couché de soleil

Seizième jour de mer. « Intense plaisir de l’immense » fut le commentaire que j’ai envoyé pour accompagner notre position sur la carte(1). Caroline s’est foutue de moi. Elle trouve ça trop emphatique, trop « cacou ». C’est vrai, la phrase me ferait sourire narquois dans un dîner en ville. Mais sur la mer, je n’y peux rien, j’ai l’âme lyrique.

 

 

Le jour

 

Surtout quand tout se passe bien. Et c’est le cas. Quelques petits cumulus effilochés sur fond bleu, mer calme, une légère brise, l’eau gazouille contre la coque. Dans une houle douce et allongée, quelques crêtes de vagues dansent de loin en loin sur un rythme secret. Des francs-bords de Loick jusqu’à la ligne du ciel rien que de l’eau et au-delà, encore de l’eau. Le regard s’étend à perte de vue par la pensée, franchissant l’horizon. Sur cette étendue bleue immense et plate, seule se dresse une paire de voiles blanches pour cueillir le vent. C’est l’instant où l’on sent une pointe de fierté se mêler au plaisir d’être là. Une fierté pour son bateau à qui l’on se met bêtement à parler : « Alors mon vieux ? Hein ! Elle est pas belle ? Qui mieux que nous… (2)». Ça fait sourire Caroline.

 

Les nuages sont les passants de l’océan

 

Le soir

 

Il ne se passe rien. Indéfiniment le vent souffle, l’eau chuchote et Loïck avance. Nous avons beau consigner les jours, les heures, les positions dans le cahier de bord, il semble que l’espace et le temps se sont unis pour ne laisser qu’une alternance de nuits et de jours. Dans cet univers minimaliste, c’est le ciel et les astres qui font le spectacle. Notre soleil s’appelle Sancho quand il est haut dans le ciel et qu’il nous rend paresseux. Quand vient le soir, les brasillements d’ors et de pourpre cueillent notre esprit vierge de toutes sollicitations de la journée. Là où tout n’était que lenteur suspendue, Sancho s’épuise, sa chute s’accélère, il lutte dans un bain de sang avant d’être englouti par la mer. Ce combat épique ne peut qu’émouvoir le spectateur lavé des drames humains par deux semaines de mer. Ici, bien sûr, le lyrisme me guette.

 

 

La nuit

 

Tout le temps de contempler le miroitement de l’eau

Le pire c’est la nuit. Pour peu qu’une petite barque de lune en soi à ses premiers quartiers pour ne pas éblouir les étoiles et voilà « l’intense plaisir de l’immense » prêt à assaillir l’âme la plus rustique. Le décor bleu du ciel s’est évanoui en révélant le véritable espace de notre navigation : un univers dont on ignore tout. L’eau est devenue noire, autant dire qu’elle a disparu sauf pour renvoyer quelques éclats de lune et nimber le sillage du bateau d’une phosphorescence planctonique. Tout scintille. Au milieu des étoiles, c’est un bateau-comète qui poursuit son voyage intergalactique vers la Croix du Sud. (sic)
 

 
Notes :

1/ Grace à la radio BLU nous envoyons chaque jour une position du bateau avec un commentaire (à lire en cliquant sur le point de la position).
voir la carte dans la rubrique Où est Loïck
 
2/ « Qui mieux que nous…» est une expression marseillaise employée entre amis pour marquer le plaisir des choses simples de la vie.

 

 

Dans le zig, dans le zag

Par

 

 

Sortie du pot au noir. Grosse fatigue. Des bords carrés. Le contre-courant équatorial. Une erreur de nav.
Suivit de l’analyse a posteriori .

(Cet article est en complément de la description de notre parcours donnée dans la vidéo Transat – épisode 1)

 

À 19 h 32, nous croisons la route du MSC Natalia. Il vient de l’Afrique du Sud et va à New York. L’officier de passerelle nous prévient qu’il y a pas mal de vent dans le sud. Il a ce ton plat et précis caractéristique chez les professionnels de la mer lorsqu’ils vous annoncent une mauvaise nouvelle. Ça tombe mal, l’ambiance n’est pas bonne sur Loïck. Depuis ce matin, je ne comprends plus rien à la mer.

 

 

Rouler, réduire, renvoyer

 

La nuit tombe sur un équipage, fâché, fatigué.

Nous avons fait le tiers de la route depuis le Cap-Vert, encore 900 milles pour le Brésil. 6°N, 27°W à quelques milles près. Le milieu de l’Atlantique entre l’Afrique et l’Amérique. Nous venons de sortir de la ZIC (1), on le sent. En toile de fond, entre les grains qui nous pourchassent, souffle un flux de sud.

Nous ne cessons de manœuvrer depuis hier soir. Rouler, réduire et renvoyer. Une autre masse noire s’approche, on la suit au radar. Rouler, réduire — une douche — et renvoyer. Avec l’aube grise, nous avons découvert une laize décousue sur 70 cm au milieu du génois. Roulé. Dès que nous avons endraillé le solent, le vent est tombé. Il a fallu affaler le génois décousu pour le remplacer par le génois léger. C’est une vieille voile que Loïck aime bien. La mer n’était pas grosse, mais tout ébouriffée. La manœuvre s’est mal passée entre Caroline et moi. La nuit se tombe sur un équipage fâché, fatigué.

 

Bords carrés

 

Au petit matin, sous la grande nappe gris sale des stratocumulus, le vent s’est établi à 15 nœuds de sud-sud-ouest, exactement aligné sur notre cap, le 200. Notre bord de près au sud-est est en train de refuser pour nous emmener vers l’Afrique. On vire vers l’Amérique. La vitesse de Loïck tombe à deux nœuds, de nouveau le bord refuse pour nous emmener plein ouest. Quel est le bon bord ? Nous repassons tribord amures au près serré, la vitesse grimpe à cinq nœuds et demi, mais Loïck peine à gagner en latitude. Le bateau dérive vers l’est. J’ai beau affiner les réglages, désactiver le régulateur et passer à la barre, nous tirons des bords carrés, la mer et le vent nous barrent la route du sud.

 

Un des zigs de nos zigzags

 

Le contre-courant équatorial

 

Je sais d’expérience que lorsque je ne comprends plus rien à la marche de mon bateau, c’est la faute au courant. J’ai fait mes classes en Méditerranée et j’ai toujours du mal à intégrer cette donnée. Mais quand même : deux nœuds sur un bord, cinq nœuds sur l’autre cela ferait 1,5 nœud de courant. Disons que la mer difficile n’est pas favorable sur bâbord amure et nous prenne un demi-nœud, reste plus d’un noeud de courant. Les pilot charts de juillet prévoient la moitié pour ce contre-courant équatorial qui circule de l’ouest vers l’est.

 

L’erreur

 

Même en passant à la barre nous améliorons à peine notre près.



Alors, on fait quoi ? Comment va-t-on passer cette bande de vent du sud épaisse de 200 milles ? Les GRIB ne prévoient aucun changement pour la semaine à venir. J’ai le sentiment d’être dépassé. La mer me pousse vers mon seuil d’incompétence. Nous laissons Loïck déraper dans cette mer mal peignée pour chercher de l’aide dans les livres. Cornell (2) vient à notre rescousse. Nous avions bien lu l’article concernant notre route (AT14), mais l’explication de notre erreur nous attendait dans la préface des Routes vers le Sud : “Entre mai et juillet (…) on doit essayer de faire de l’est après les îles du Cap Vert de manière à traverser l’équateur vers le 25°W et le 26°W”.
Nous approchons le 27°W alors que nous ne sommes encore qu’a 6° de l’équateur. Ces deux petites lignes nous font mettre le cap à l’est pendant deux jours jusqu’au 23°N.

 

Nous faisons route presque à l’opposé de notre destination, mais le moral cesse de boire la tasse. Nous avons repris la main. Le vent se met à chanter dans les hauts et les vagues reprennent un rythme cadencé. Le soleil sort des nuages, c’est un détail qui compte.

Reste que la carte de notre première transat restera zébrée par le zigzag infamant de mon erreur de navigation.

 
 

Analyse a posteriori

 

Pourquoi cette erreur de nav ?

Certes, je n’avais pas bien lu le Cornell, mais la bande de vent du sud était bien prévue par les GRIB dès notre départ. Je l’ai négligée parce que j’étais obnubilé par le pot au noir. Il est plus court à l’ouest qu’à l’est. Je voulais le traverser le plus vite possible. Le cap sud-ouest avait aussi l’avantage d’être la route directe pour le Brésil, plusieurs bateaux m’avaient dit avoir suivi cette route.
C’eut été une bonne option en février, mais en juillet le contre-courant équatorial se renforce à l’ouest et les vents sont orientés plus sud (voir sud-ouest) que sud-est après la zone de convergence. Celle-ci a été bien moins active que ce que j’imaginais. Nous n’avons pas rencontré un seul éclair.
 

La mer pas grosse mais difficile.

 

Bords carrés.

Je crois que la difficulté à faire du près fut le résultat de plusieurs facteurs. L’état de la mer, du vent et du courant orienté sud-ouest (selon mon estimation). Sur notre bord d’ouest (bâbord amures) il prenait Loïck légèrement sur bâbord avant le faisant abattre. Sur le bord d’est (tribord amures) le courant prenait le bateau presque par le travers tribord, le faisant dériver, l’empêchant de caper. Loick n’ayant pas de compas magnétique fiable (l’acier), je ne peux pas comparer l’axe du bateau par rapport à sa route de fond. L’état de la mer devait accentuer le phénomène. Et le vent n’était pas suffisamment fort pour passer ces vagues courtes et irrégulières. De plus, Loïck est bateau lourd, généralement gouverné par un bon régulateur, mais on ne peut pas lui demander la lune. Voilà l’idée que je me fais de ce moment bizarre que je n’ai pas bien compris sur le moment.

 

Notes :

1/ ZIC : Zone Intertropicale de Convergence, synonyme de pot au noir. L’acronyme à l’avantage d’être facile à prononcer. Notée aussi FIT pour Front Intertropical ou encore ZCIT par Météo France pour Zone de Convergence Intertropicale. Un article très complet sur la ZIC est disponible sur le site éducation de Météo France

 

2/ Jimmy Cornell Routes de Grandes Croisières. Éditions Loisirs Nautiques © 1999. Ce livre indispensable en grande croisière est la bible des grandes traversées. Je ne crois pas avoir croisé un bateau de voyage qui ne l’avait pas à bord.

 

 

Les aventuriers du transat

Par

 

Lecture dans la pétole. La routine s’installe. Du poisson frais. Discussion avec un tanker.

 

Nous voilà partis vers le Nouveau Monde prêt à réécrire fièrement notre version de ce grand mythe maritime : la Transat ! Premier constat : cette aventure n’est accessible qu’aux lecteurs passionnés. Hors des tribulations de nos héros de roman, il n’arrive presque rien. Et c’est tant mieux, on se méfie de l’eau qui dort.

 

La cabine sent l’étuve

 

Une bonne bibliothèque de bord : indispensable.

Troisième jour de transat, troisième jour allongé à lire dans le cockpit sous le taud. La cabine sent l’étuve. Impraticable. Toutes voiles affalées à l’exception du spi qui se gonfle par intermittence comme une manche à air fatiguée. Ne pouvant s’appuyer sur le vent, Loïck roule bord sur bord, le jouet d’une houle indolente. Nous ne sortons de notre carré d’ombre que pour prendre des bains au sceau sur la plateforme arrière. Parfois,

l’envie de fraîcheur réussit à surpasser les frayeurs de notre génération Dents de la Mer et on tente un vrai bain. La vitesse est suffisamment lente pour se jeter à l’eau et saisir à deux mains la boucle de la sangle accrochée au bateau. En suspensions sur les abysses, massés par les filets d’eau bleu pur, la sensation serait voluptueuse si l’on n’était pas aux aguets du monstre venu des profondeurs. Malgré tout, ça vaut le coup même si ce n’est pas évident de remonter à bord. Avec de la pratique, on aura moins peur. (voir la vidéo de Caroline : Du Cap Vert au Brésil : un océan traversé)
 

Caroline profite des calmes pour faire des images.

Écrasés de chaleur, ballottés par la mer, poussés par un vent paresseux, il nous vient la flemme. Pour ne pas passer complètement en mode végétatif, Loïck nous trouve des activités. La veille au ragage. Parce que les réglages ne changent pas, les bouts fatiguent ce qui oblige à faire le tour du bateau au moins deux fois par jour. La grande affaire c’est quand le spi trop mou s’enroule autour du génois, une galère qui nous prend bien une demi-heure où je jure comme un charretier. Le pire c’est la nuit, mais cela n’est arrivé qu’une fois.
 
 

La couleur coule

 
 

Le spi nous joue des tours

Il ne faut pas croire qu’on s’ennuie, car nous vivons d’espoir, d’espoir de poisson frais. Quatre lignes traînent à la poupe. Hier, trois jeunes daurades coryphènes sortent de l’eau losque l’on relève la mitraillette à maquereaux. La veille nous avions remis à la mer leur petite sœur la jugeant trop petite (30 cm). Ces poissons grandissent au dela du mètre. Cette fois, elle ne sont pas beaucoup plus grandes mais nous avons vraiment envie de chair fraiche.
Lorsqu’ils meurent, ces chatoyants poissons verts et jaunes virent au gris en moins d’une minute. Comment ? C’est un mystère. La couleur coule littéralement de leur corps comme l’eau sur une vitre pendant que l’animal vibre dans un dernier spasme d’agonie. C’est d’une tristesse à pleurer. Des regrets vite calmés par le plaisir de manger le meilleur des pélagiques, à notre avis.
Tant pis pour mon karma, il en faudra d’autres. Je ne veux plus toucher au chorizo que nous avons acheté à Tarrafal (que Caroline ne mange pas parce qu’elle le trouve trop gras). Je me suis fait une petite intoxication alimentaire qui m’a tordu les boyaux pendant 24 heures et nous soupçonnons le saucisson espagnol. Il faut dire que sans frigo et par cette chaleur…
  

Test des alarmes

 
 

Le Seabravour en route vers New York

Hier un gros tanker, le Seabravour, passe juste devant l’étrave. Nous avons discuté avec l’officier de passerelle. Ils allaient à New York, et mettraient 18 jours depuis la Guinée. Il nous expliquait qu’il marche à vitesse réduite, crise oblige. Le gars était Grec et attendait impatiemment les États-Unis pour 18 jours de vacances dans son île. Cette affaire nous a occupés presque deux heures. Nous l’avons vu venir sur l’AIS, puis notre radar a pris le relais. On en a profité pour tester les alarmes de ces engins pour savoir comment ils nous protègent (décevant, aucune alarme ne sonne avant les trois milles nautiques autant dire qu’il est déjà sur nous). Puis on l’a eu en visuel, on a filmé, pris des photos.

Test des alarmes lors des rencontres en mer

Après la communication radio, on l’a regardé partir dans la lumière du soir en pensant à New York. Et l’on a tout rapporté sur le journal de bord. Dans un horizon vide depuis trois jours, le passage d’un tanker à moins d’un mille est un événement. Je les soupçonne d’être passés tout près pour les mêmes raisons.

 

Ce matin nous avons vu quelque chose de brillant flotter sur l’eau. Nous affalons le spi et allons voir au moteur, tout excités. Une baleine ? Un trésor dérivant ? Non, un bidon d’antifouling vide.
Naviguer sur cette immense force bleue fait naître un sentiment de gratitude pour ce monde qui nous tolère. D’ici, on ne comprend pas pourquoi les invités cherchent à mettre leur hote en colère.