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Monthly Archives: août 2013

Loïck électrique (pour les nuls)

Par

 

Électricité à bord. L’exemple de Loïck après un an de voyage sous les tropiques.

 

Si mon bateau était une bête, les voiles seraient ses muscles, les bouts ses tendons et son réseau électrique serait son système nerveux. De la centrale de navigation aux capteurs, il sent la force du vent, il voit dans la nuit, il s’oriente sur la mer grâce au flux d’électrons qui lui coulent dans les câbles. Après un an de navigation, dont six mois de mouillage nous pouvons regarder notre installation avec un peu de recul. Je vous propose une visite branchée de Loïck, suivez le fil.

 

En préambule, comme pour tous mes articles techniques, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un article de spécialiste, mais le retour d’expérience d’un usager sur un bateau de voyage à petit budget.

 

Plein tous les soirs

 

Je vois l’installation électrique d’un bateau comme un lac de barrage (les batteries service) avec une retenue attenante manœuvrée par une écluse (la batterie moteur). Les pièces d’eau sont nourries par de multiples affluents aux noms poétiques comme Alternateurs, Éolienne, Paneaux, Chargeur de Quai, Groupe, Hydrolienne, Pile à combustible, Vélo d’appartement (projet de Caroline), Roue de Hamster (proposition de notre chatte Péca), etc. En aval, de jour comme de nuit, le lac irrigue les ressources électriques et électroniques qui rendent la bête intelligente.

Sur Loïck nous avons un principe : le lac doit être plein à la fin du jour.

 

Un objectif : les batteries pleines avant que la nuit tombe.

 

En grande croisière, il existe trois états bien distincts du bateau : la nav, le mouillage, le port. Une bonne installation électrique de voyage doit être complètement autonome dans les trois états du bateau, indéfiniment. L’objectif d’un parc de batteries plein à 100 % tous les soirs a plusieurs avantages : c’est simple, c’est sûr et c’est surtout économique. À courant délivré égal, des batteries qui se déchargent peu et se rechargent souvent durent plus longtemps que si elles ont été déchargées profondément.

 

L’outil indispensable

 

Le gestionnaire de batteries, indispensable.

Les ignorants, comme moi avant de partir, croient volontiers que les batteries sont pleines lorsque le voltmètre affiche 13,7 volts. Dans un réseau où l’électricité entre et sort en permanence, cela ne signifie rien. Le réseau affichera une belle tension si l’éolienne tourne ou si les panneaux donnent, même si les batteries sont à moitié vides. J’ai appris cela grâce au gestionnaire de batteries que m’a obligé d’installer mon ami Simon avant de partir (un électronicien avec 6 ans de voyage derrière lui).

Une batterie pleine est une batterie qui a reçu autant d’ampères qu’elle en a donné, il faut donc un engin pour compter les ampères qui entrent et sortent : l’indispensable gestionnaire qui fait le bilan énergétique du bateau en temps réel.

J’espère sincèrement que ce paragraphe ne vous apprend rien et que vous êtes en train de vous moquer de mon incompétence passée. Dans le cas contraire, dites merci à Simon et courez offrir un contrôleur à votre voilier, c’est une dépense indispensable (env. 150 euros) pour économiser sur le renouvellement du parc. Dès que nous quittons le port, c’est un instrument que nous regardons aussi souvent que le GPS.

 

Un cas concret

 

Il existe de savantes feuilles de calcul pour faire le bilan énergétique d’un bateau. C’est bien joli, mais trop d’inconnues entrent dans l’équation. Quel ensoleillement ? Quel vent ? Combien de temps de nav ? Pour quelle conso ? Comment réellement connaître ses besoins en grande croisière si l’on part pour la première fois ? C’est pourtant en France au moment d’équiper le bateau que tout se joue. Ensuite, c’est beaucoup plus compliqué et plus cher. Le but de ce billet est de décrire un cas concret, qui, avec d’autres sources d’informations, pourrait aider celui qui veut partir, mais qui n’a jamais vécu longuement à bord d’un voilier sous les tropiques.

 

Les producteurs

 

Un groupe 2000w d’occase… pour bricoleur.

Pour produire de l’énergie, Loïck est équipé d’un grand panneau solaire de 180watts, d’une éolienne de 380 watts, d’un alternateur moteur de 90 A, d’un chargeur de quai de 30 A, d’un groupe électrogène portatif de 2000 watts. En 6 mois de mouillage, nous avons fait tourner le groupe 2 x 4 heures pour deux jours de panne de vent et de soleil où nous devions travailler sur les ordinateurs. Le moteur n’a jamais tourné pour ne faire que de l’électricité. Je considère donc cet équipement comme un minimum suffisant par rapport à notre usage. Sauf pour le groupe où 900 watts seraient suffisants.

Dès que le vent souffle au-dessus de 20 nœuds ou qu’il fait beau toute la journée nous avons de l’électricité en excès.

 

Le stockage

 

Connecteur : un barrette de cuivre sur silentbloc (pulvérisée d’un vernis en bombe pour éviter l’oxydation)

Le parc service compte 330 Ah en 3 batteries au plomb ouvert bas de gamme type démarrage. La batterie moteur fait 70 Ah. Nous avons donc ce qu’il se fait de pire en terme de batteries de service. Nous ne déchargeons jamais ce parc à plus de 30 % (au-delà on met le groupe). Nous avons acheté ces batteries en juin 2008. Elles nous ont lâchés en juin 2013 (voir le billet Dura lex, sed lex). Cinq ans : un score très honorable pour des batteries bas de gamme, rendu possible grâce au contrôleur de batteries. Cependant nous avons fait une erreur en emportant ces vieilles batteries, car c’est un produit cher en Amérique Latine. Nous aurions dû acheter des batteries au gel en France avant de partir.

 

L’usage

 

Tous ces petits ampères, ils vont où ? La réponse n’a de sens que si l’on distingue les trois états du bateau de croisière :

 

Au port : C’est le chargeur de quai qui fait le boulot. L’éolienne est stoppée. Au début, nous couvrions même les panneaux, mais un ingénieur en électricité m’a dit que c’était inutile. Je n’ai rien compris à sa démonstration, mais je l’ai cru. Vu que l’on passe au moins 24 heures en marina lorsque l’on s’arrête le chargeur de 30 A pourrait en faire 20 sans problème.

Un mot sur le circuit 220v : Un tableau de 6 lignes (1,5 carré) distribue 8 prises de courant. C’est insuffisant. Sur les 3 prises du carré, 2 ont des multiprises, comme celle de la table à carte.

 

Au mouillage : nous perdons le frigo. Cette grosse glacière antique consomme 8 A en une heure sur le 12v. Nous n’avions pas eu le courage de construire un nouveau frigo avant de partir, et de rallonger ainsi les travaux. C’est un confort dont on se passe plus facilement que l’on pourrait croire.

En revanche, travail oblige, nous sommes de gros consommateurs de courant pour les ordinateurs. Il n’est pas rare d’avoir deux portables allumés (4-5 A) pendant 6 heures avec un disque dur externe pour la numérisation des vidéos de Caroline. Sous les tropiques, dans la journée le panneau solaire orientable sur 1 axe donne les 10 A nécessaires pour les ordis.  C’est bien le panneau solaire qui fait l’essentiel de la production électrique au mouillage. Il faut 15 nœuds de vent pour une production effective de l’éolienne. Dans un bon abri, ce n’est pas si souvent (sauf au Cap Vert).

 

Le cadre panneau solaire est monté sur 3 fixations d’échafaudage professionnel pour gagner en rendement.

 

En navigation :Là encore pas de frigo, mais un ordinateur allumé en permanence (qui fonctionne sous Linux pour diminuer sa consommation). Nous utilisons OpenCPN. Ce n’est pas tant pour avoir le GPS et la trace du bateau que le portable tourne, c’est pour l’AIS. Le logiciel libre OpenCPN améliore singulièrement le traitement des données transmises par notre VHF/AIS. En plus d’une vision synoptique des navires et de leur vitesse reportée sur la carte, il offre différents types d’alarmes et des calculs de route collision (un autre instrument sans lequel nous ne naviguerions plus – aujourd’hui, j’opterais pour un AIS émetteur.). À l’approche des côtes nous mettons le radar la nuit avec une veille de 5 minutes et une alarme pour ne pas nous faire surprendre par les pêcheurs. Nous n’hésitons pas à utiliser le projecteur de pont (3 A) pour les manœuvres sur le pont ou pour se rendre visible. Les feux de nav sont à LEDs (un feu tête de mat classique avec une “ampoule” LED de feux stop de voiture) comme l’éclairage intérieur du bateau.

Les SMD 5050 ont l’avantage de supporter la surtension

 

Les LEDs

 

Un mot sur les diodes électroluminescentes (ou LEDs). Lorsque l’on passe 45 ans, on voit moins bien dans le noir. Les diodes doivent être nombreuses pour bien éclairer. Prendre “blanc chaud” pour éviter l’ambiance bloc opératoire. Sur Loick les points lumineux sont faits de tube de 70 diodes (conso 0,4 A), et 2 x 90 diodes pour le carré… C’est Versailles ! Pour la table à carte : une réglette 5 diodes types SMD 5050 (les plus puissantes : plates, jaunes avec 3 soudures), elles sont tellement fortes qu’on peut même les filtrer en rouge pour apaiser la nuit.

 

70 Ah par nuit

 

Peindre les pales avec une PU pour les protéger du soleil.Un autre conseil de Simon.

La BLU est une grosse consommatrice de courant en émission. Entre les mails et les GRIB, elle fonctionne une bonne demi-heure par jour, ce qui nous coûte entre 10 et 15 Ah, souvent de nuit malheureusement.

À la fin de la nuit, nous avons généralement dépensé 70 Ah soit 21 % du stockage des batteries.

Côté production, en mer, l’éolienne joue un rôle plus important qu’au mouillage. Elle tourne souvent même au portant, Loïck est un bateau lent et souvent sous toilé (en particulier la nuit), sa vitesse laisse du vent pour l’éolienne. Les batteries retrouvent généralement leur charge avant 15 heures. Cela dit, il nous reste un souvenir cuisant : dans le pot au noir par temps gris, nous avons dû économiser sur le ventilateur. Mon regret est de ne pas avoir la place d’installer un alternateur d’arbre.

 

On peut conclure cette visite en disant que Loïck est à l’équilibre pour la zone tropicale, mais nous sommes trop juste pour les zones tempérées où la grisaille sans vent est plus fréquente. Pour être parfaitement à l’aise, il faudrait rajouter deux panneaux 80 watts, un sur chaque filière du cockpit. Et fini la bière tiède…

 

Le Conseil papou

Par

 

Un village papou décide de se lancer dans l’écotourisme. Nous avons été leurs premiers clients

 

 L’interview dure depuis une demi-heure. Ce que dit le jeune homme est intéressant, mais il parle un portugais rapide. J’ai du mal à suivre. Ma concentration commence à fléchir. Mon écoute devient flottante, une sensation qui me rappelle l’école. Je le regarde, mais mon esprit s’échappe vers la Papouasie Nouvelle Guinée. Je repense à cette histoire amusante d’écotourisme qui nous est arrivée sur l’île de Nouvelle-Bretagne.

Tavalo 6°01′S 150°55′E


 

Les enfants hurlaient de peur à notre approche

 

En 2005 nous avions pris une année sabbatique dans le Pacifique sur un bateau prêté par mon oncle, Le Somoa, un Sun Fizz basé aux Fiji. Pour éviter les mauvaises surprises de l’été austral qui compte une dizaine de cyclones par an, nous remontions vers l’équateur. Après une navigation dans l’archipel des îles Salomon, le Samoa poussa vers l’ouest pour atterrir sur l’île de la Nouvelle-Bretagne en Papouasie Nouvelle Guinée. Une côte hostile habituellement battue par l’Alizée, mais en février, la mousson venue de l’ouest inverse le régime des vents dominants.

 

Nous avons mouillé devant le village de Tavalo sur la suggestion d’un jeune Australien chevelu, rencontré à 100 milles au nord dans un modeste bureau d’une association sans moyen pompeusement siglé ONG. Mais le conseil était bon. Ce village d’une centaine d’habitants est enclavé par trois jours de marche à travers les montagnes couvertes la forêt équatoriale et une mer habituellement démontée. Ils étaient contents de nous voir et nous aussi. D’après le chef, le Samoa était le premier voilier à s’arrêter dans cette baie de mémoire d’homme. Flatterie ou réalité ? En tout cas, il était évident que cela faisait longtemps que ce village n’avait pas vu de blancs : les petits enfants hurlaient de peur à notre approche et les femmes touchaient les cheveux de Caroline avec un plaisir curieux.

 

Le premier voilier devant le village de mémoire d’homme, nous dit-on.


 

Un coup de machette, une plaie bien nette

 

Après la coutume où nous avons reçu un beau coquillage en échange des présents traditionnels (tabac, argent, pièce de tissu), nous nous sommes lentement insérés dans la vie du village. Pêche, promenade, visite du bateau et sortie à la journée jusqu’à l’île en face, longues discussions. Comme souvent dans ce type d’archipel, le bateau qui vient de la ville fait office d’épicerie et d’infirmerie. Troc de riz, de savon, d’hameçons, etc. contre des légumes et des fruits frais, ou quelques soins basiques sur des plaies infectées.

 

Simon à la pêche avec son fils et son frère dans la rivière de Tavalo


 

C’est comme ça que nous avons rencontré Simon. Il nous a fait appeler pour une coupure sévère au genou. Le coup de machette avait fait une plaie bien nette de 4 cm de largeur qui laissait percevoir la rotule. Il n’a fallu qu’une semaine de poudre antibiotique appliquée localement pour que la plaie de Simon fût suffisamment fermée pour ne plus risquer l’infection. Dans ce climat équatorial, nos blessures duraient souvent plus de deux semaines pourtant traitées avec des antibiotiques autrement plus forts.

 

Une facture : pour vous être promenés dans le village…

 

Pour avoir nagé dans la rivière…

Simon devint notre référent dans le village. La communication n’est pas difficile en Papouasie, la langue véhiculaire est le pidgin english et ceux qui ont été à l’école parlent anglais. Un jour, Simon nous apporte un peu gêné deux feuilles prises d’un cahier d’écolier écrit au bic bleu. C’était une facture de 250 kinas (80 euros), un montant pas négligeable pour le lieu. Les postes étaient détaillés avec précision :

 

  • Pour vous être promenés dans le village

  • Pour avoir pris des photos

  • Pour avoir nagé dans la rivière

  • Pour avoir visité les grottes

  • Pour avoir mangé les fruits des arbres

 

Malgré le côté comique, nous avons été surpris et fâchés. Nous en parlâmes à Simon qui nous dit qu’il ne pouvait rien pour nous. Pour discuter de cette facture, je devais demander une audience au Conseil du village (instance exclusivement masculine, il était clair que Caroline n’était pas invitée). Pour préparer la réunion et peut être soucieux de ne pas paraître « primitif » ou arbitraire, le chef du village tint à m’expliquer comment fonctionnait les institutions papoues. Le Conseil réunit les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire pour le village, il prend ses décisions à l’unanimité. Un appel était toujours possible au Conseil Régional (où chaque village est représenté par deux délégués). Je lui promis de nous soumettre à la décision du conseil une fois qu’il m’aurait entendu.

 

Jeunes filles prostituées aux ouvriers

 

Une jeune fille papoue la bouche rougie par le bétel

Nous étions une dizaine autour de la table d’une case ouverte, assis sur des bancs de bois dans une ambiance très formelle. Après de longues politesses, le chef prit la parole pour raconter, avec une grande franchise, l’histoire récente du village.

 

Pour gagner de l’argent, le village avait cédé des droits d’exploitation forestière sur une partie du territoire à une entreprise chinoise. Les conséquences avaient beaucoup déçu les villageois. Une colline rasée, des bagarres à cause de l’alcool facilement disponible, plusieurs jeunes filles prostituées aux ouvriers du chantier. Le Conseil du village avait décidé de ne pas renouveler la concession.

 

Mais où trouver l’argent ? (Nécessaire en particulier à la scolarisation payante des enfants.) C’est à ce moment-là que le jeune Australien chevelu leur a conseillé de faire de l’écotourisme. Bien qu’aucun touriste ne passait jamais à Tavalo, le village avait construit une petite guesthouse de 6 lits de bois. Et leurs efforts étaient visiblement récompensés puisque nous étions venus. Nous, leurs premiers clients. Mais malheureusement nous n’avions pas besoin de la guesthouse. Le conseil avait donc décidé de facturer d’autres commodités.

 

Taxe de déchets ?

 

Une habileté étonnante à cet age.

Lorsque vint mon tour de parler j’ai expliqué que nous avions été pris au dépourvu par cette facture parce que personne ne nous avait prévenus que toutes ces activités seraient payantes et qu’habituellement elles ne le sont pas. Le chef, avec une grande politesse, me pria d’excuser leur ignorance. « Nous n’avons pas l’habitude de ces choses-là. Mais vous qui avez voyagé dites-nous ce que l’on peut facturer à des gens comme vous qui viennent en bateau. » Comment répondre ? Avec un art consommé de la dialectique, le petit bonhomme à la barbe poivre et sel venait de retourner toute la discussion. Moi qui étais venu plaider l’incongruité de cette facture, je me retrouvais à énumérer toutes les dispositions qui permettraient de l’alourdir. En 2005, dans le Pacifique certaines îles comme la célèbre Tikopia faisaient payer une taxe de séjour. En Mélanésie le platier en face du village est considéré comme une propriété commune, un droit de pêche ne paraissait pas illégitime, une taxe de déchets ?

 

Des écotaxes discriminantes

 

C’était il y a 8 ans. Depuis l’idée de faire payer les espaces naturels remarquables a fait son chemin. Sous prétexte de préservation « les écotaxes » font florès sous toutes les formes (avec cette nouvelle idée sous-jacente : on doit réparation à la nature que nous souillons par notre intrusion — l’écotaxe originale du rapport de Kyoto est une contrepartie aux dégâts environnementaux). Droit de passage, de mouillage, guide obligatoire, taxe de séjour, droit de visite… Citons les Iles Scily, la Georgie du Sud, les parcs naturels québécois, un nombre de plus en plus important de mouillages, etc. Vu le nombre croissant d’humains sur cette planète et la diminution des espaces naturels, on peut bien imaginer que cette tendance va s’accroître. Peut-être est-ce un mal nécessaire, il faut avouer qu’il s’agit souvent de taxes raisonnables de gestion. Mais il existe aussi une tendance plus élitiste qui a pour principe d’augmenter significativement la pression financière pour diminuer la pression démographique comme à Fernando de Noronha par exemple : entre la taxe de mouillage et la taxe d’environnement (par personne) c’est presque 100 euros par jour qu’il faut débourser. Cette tendance discriminante m’inquiète. Je préfère de loin le principe du numerus clausus de bouées de mouillage comme cela devra se faire sans doute dans le Parc National des Calanques de Marseille, premier arrivé premier servi.

 

Une vieille pirogue qui fait le bonheur de son jeune capitaine


 

Une facture d’écotourisme ?

 

  • Pour vous être promenés dans le village

  • Pour avoir pris des photos

  • Pour avoir nagé dans la rivière

  • Pour avoir visité les grottes

  • Pour avoir mangé les fruits des arbres

 

À y regarder de plus près, des rétributions pour toutes ces activités existent bien aujourd’hui sous différentes formes, les Papous de Tavalo avaient 10 ans d’avance.

 

Épilogue : La réunion dura plusieurs heures. Elle fut extrêmement riche pour ma compréhension de l’économie de ces petits villages qui vivent en autarcie dans les îles du Pacifique. Le Conseil avait l’air satisfait. Il a pris en compte ce que nous avions apporté au village, en particulier les soins. La facture a été solennellement déchirée.