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Monthly Archives: avril 2014

Terre! Terre de Feu

Par

 

Notre descente vers l’île des États change de tempo, le vent d’ouest nous aide à prendre de vitesse la prochaine dép.
 

Trajet de Loïck le long des côtes argentines entre Camarones, au nord de la Patagonie, et l’Île des États.

Jour 6 : descente de long de la Terre de Feu

 

06:00 L’avantage des calmes des derniers jours, c’est qu’il faisait bon. Dix-huit degrés à l’hombre par un 53° sud ensoleillé, on était en T-shirt. Ce matin, il fait 13° dans le bateau. Dehors, le ciel est badigeonné de grands traits d’aquarelle gris plus ou moins dilués. Le ciel est haut, les lointains clairs. Nous naviguons à 4 noeuds vers le 190 dans 15 noeuds d’ouest, avec un nœud de courant contre nous. Le baromètre à 998 continue à baisser régulièrement. Nous sommes à 40 milles de la Terre de Feu, mais je ne distingue encore aucune terre. J’allais attraper les jumelles quand le bruit de crécelle affolée du moulinet de pêche fige tout le monde dans le bateau. Ces cliquetis caractéristiques engendrent immédiatement joie, espoir et excitation. C’est un signal si parfaitement pavlovien que l’on s’attendrait à entendre japper l’équipage. Même le chat connait cette promesse de poisson frais, il sort.

 

L’œil noir de l’albatros

 

Le drame ! On a pêché un albatros.


 
Une joie douchée d’un coup. On a pêché un albatros. L’animal est pris par le bout du bec, il écarte grand les ailes pour tenter de freiner la force qui le traîne. Au prix d’efforts pénibles, il réussit parfois à engager ses pattes sous le corps pour pousser aussi sur l’eau. Il se met alors à glisser dans un ski nautique comique avant de trébucher de nouveau sur le ventre.

Le regard sombre de l’albatros à sourcils noirs.

Couper la ligne ou amener l’oiseau ? Schuss se met au moulinet pendant que je me harnache pour passer sur la plateforme arrière. Caroline me passe les gants d’atelier en cuir et redescend dans le carré pour ne pas assister à ce spectacle pénible. L’albatros se fait plus docile que l’on pensait. L’hameçon pris sur le bout du bec tombe de lui-même. Il me mord le bras sans conviction.

C’est l’occasion de regarder l’oiseau de prés. C’est un albatros à sourcils noirs, une dénomination qui met l’accent avec raison sur ce regard sévère ourlé d’un trait de khôl guerrier. Le dessus des ailes aussi est noir. Il n’est pas le plus grand de la famille, mais le plus élégant.

 

Plein sud

 
08:00 Lorsque je lève les yeux sur la mer après avoir relevé les traines, la terre est là. Un chapelet de petites dents pointues et noires avait poussé sur l’horizon. Certaines terres, quand elles émergent de l’eau, exercent un magnétisme qui envoie tout le monde sur le pont pour vivre un moment émouvant et personnel. Faire grandir la Terre de Feu sur l’horizon de la pointe de l’étrave d’un voilier parti des Côtes-d’Armor me fait savourer un bonheur dont je ne sais pas quoi faire. Je répète béatement « La Terre de Feu… » Le regard de Caroline se perd au-delà des lointains. « Oui, la Terre de Feu… » souffle Schuss plus pour lui même. Il faut dire que cette terre a un sacré nom(1).

 

« Je répète béatement : La Terre de Feu »


 
13:00Le vent monte et se stabilise autour de 25 noeuds. Plutôt que tirer droit sur l’ile des États au 140, nous descendons plein sud pour nous rapprocher de la terre. J’ai peur que la dép arrive plus vite ou plus fort que prévu. Dans ce cas la proximité de la côte diminuera le fetch, si elle arrive à l’heure nous avons le temps de ce détour, avec ce vent.

 

Sur le papier ça colle

 

La configuration de Loïck pour 25-30 nœuds. Le tangon est fixé en trois points avec une retenue arrière.

18:00 La proximité de la côte pose un nouveau problème, nous avons un courant de marée de 2 noeuds contre nous. L’équation de la nuit est la suivante : nous devons entrer dans notre mouillage de Puerto Hoppner à l’étale, car la passe ne fait que 10 mètres de large. Le Detroit de Le Maire doit se passer avec une marée dans le sens du vent pour ne pas soulever une mer impossible. Donc nous devons maintenir une moyenne de 5 noeuds pour arriver entre 8 et 10 heures demain. Les 16 milles de Le Maire se feront marée montante avec le suroit. Le courant de marée le long de la Terre de Feu s’annulera à la renverse. Sur le papier ça colle.

 

Jour 7 : l’aube du monde

 
02:00 Mon quart commence parfaitement. 25-30 noeuds d’ouest nous poussent au grand largue sous une nuit étoilée. Le courant de marée nous aide à attendre 7,5 noeuds et aplatit la mer, le pont du bateau est sec. Il fait froid, mais je suis bien couvert.

 

03:00 Nous débordons le cap San Diego de 6,5 miles pour éviter les eaux perturbées du bout de l’Amérique du Sud. Le vent tombe sous 20 noeuds et s’oriente au sud. Pas pratique, juste au moment où l’on doit plonger vers le SO. Je remonte la GV à un ris et je grée le solent sur l’étai largable en plus d’un bout de génois. Loïck aime ce gréement de cotre au près par mer formée. Nous sommes au bon plein au 120, on pique droit vers le cap San Antonio

 

06:00 Plus que 5 milles de l’ile des États, mais tout à changé. Le vent est monté à 25 noeuds établis et il fait froid ce qui ne serait rien s’il n’y avait le courant. Le flot, bien orienté pour passer le détroit, coule ouest au nord de l’ile. Avant de nous offrir un abri, le cap de San Antonio doit être passé vent contre courant.
 

Vent contre courant au cap San Antonio.

 

Schuss et Caroline heureux dans les vagues


 

Fatigué, transis

 
Après la tranquillité des derniers jours, je suis surpris de la violence de la mer. Ça déferle partout autour de nous et nous devons passer presque travers au vent, travers à la vague. Loïck est n’est pas facile à cette allure, trop ardent. Ni le pilote, ni le régulateur ne peuvent plus tenir le bateau. Schuss passe à la barre pendant que je vais prendre un ris. C’est la fin de mon quart, je suis fatigué, transis, la manœuvre dure. Je n’arrive pas à me décider si je dois laisser le solent qui ne me semble pas assez puissant pour la mer ou dérouler du génois. J’amène le solent. L’eau balaye la plage avant avec violence et rentre dans mes bottes. Je ne sens plus mes doigts. J’aurais dû laisser le solent, le vent monte, mais je n’ai plus le courage de le hisser de nouveau. Je rentre dans le cockpit où Schuss barre en rigolant avec Caroline malgré les vagues qui les trempent. Il n’a même pas son pantalon de ciré. Inoxydable Schuss, vaillante Caroline. Je leur abandonne le bateau et je vais m’allonger.
De la bannette de quarts, je sens que Schuss a pris le rythme, il abat à l’arrivée de la vague, lofe après la crête. Parfois un gros bruit sourd vient ébranler le bateau comme si l’on tapait un rocher.

 

Jurissic Park ?

 
07:00 Un rayon de soleil se glisse sous la couche de nuage. La beauté sauvage de l’instant nous rassemble tous dans le cockpit. Le haut des déferlantes traversées par la lumière dorée chatoie comme des vitraux vivants avant s’effondrer en éclats d’écume blanche. Un lion de mer sort d’un mur d’eau vertical. Le relief accidenté de l’ile se dessine en contre-jour dans l’air vaporeux. Certains pics enneigés sont coiffés des traines de nuage allongées par le vent. Le soleil de l’aurore allume des tâches d’un lumineux vert tendre sur les pentes du cap couvertes de mousses et d’arbres-bonsaïs.
Dans le cockpit on hésite dans nos comparaisons : l’Île Mystérieuse ? Jurassic Park ? Le Paradis Perdu ?
Nous avons la sensation d’assister à l’aube du monde.

 

Puerto Hoppner ou le Paradis Perdu ?


 
Un rideau de pluie fine vient mettre fin au spectacle. À l’abri du cap, les williwaws (2) plissent l’eau par intermittence. Nous passons une première baie, puis cette petite passe de quelques mètres de large qui débouche dans un grand bassin parfaitement protégé. C’est un cirque de petites montagnes, vertes sur les deux tiers, aux sommets rocheux tachetés de névés. Un côté ouvre sur une vallée qui se termine par une muraille de pierre où court le fil d’argent d’une grande cascade.
Une heure plus tard, les amarres sont fermement attachées entre une petite île et la berge. Le poêle brûle et nous levons nos verres de vin à cette belle navigation. Nos sourires sont aussi tournés vers l’intérieur.

 
Notes

1/ Magellan a nommé cette terre La Terre de Feu à cause des nombreux feux allumés par les Indiens aux passages de ses bateaux. La Terre de Feu désigne tout l’archipel au sud du canal de Magellan. Il inclut La Grande Ile de La Terre de Feu, l’ile des États, Navarino, Hoste, etc. Jusqu’au Cap Horn.
Wikipedia sur La Terre de Feu
2/ Les williwaws sont de violentes et soudaines rafales de vent.
Les Instructions Nautiques britanniques les décrivent comme : « des vents qui dépendent surtout, si ce n’est entièrement, de l’existence de vents puissants qui soufflent de la mer vers des terres aux reliefs élevés. Lorsque ces flux arrivent sur la côte de l’archipel chilien, ils génèrent des tornades de différents genres et forces ». Source : Patagonia and Tierra del Fuego, Nautical Guide de Mariolina Rolfo et Giorgio Ardrizzi.
 

Jour de pétole, jour de chance

Par

 

Journal de bord de la navigation de Loïck vers le grand Sud, de Puerto Camarones (45ºS) jusqu’à l’Île des États. Première partie, jusqu’à la latitude du canal Magellan. Saison : mi-février.

 

Nous cherchions un équipier pour remplacer Florent. La présence de ce bon marin à bord sur la première partie de la descente vers le Sud nous avait convaincus de continuer vers Ushuaïa à trois plutôt qu’à deux.
Un couple d’amis de Buenos Aires nous a recommandé Schuss -c’est son surnom- et ils ne se sont pas trompés.

Schuss, nouvel équipier, fameux cuistot

Un jour, sur le quai du port nous avons vu débarquer un grand gabarit frisé à la voix de basse veillant un trésor de victuailles. En plus d’aimer naviguer, Schuss a une passion, la cuisine.

 

Après la Terre de Feu

 

Nous quittons Camarones, au nord de la Patagonie, pour une navigation qui nous emmènera au bout du monde, sur l’île des États. Cette île prolonge la Terre de Feu à l’est après le détroit de Le Maire. Position : quelques milles au-dessus du 55ºS et 64ºW. A cette latitude, si l’on part vers l’est, la route passe dans le sud de la Géorgie du Sud puis on ne croise aucune terre avant de revenir au cap Horn (56ºS). C’est sur cette terre que brille le phare du bout du monde qui a inspiré Jules Verne(1).
 

Deux routes possibles

 

Nous étions au 45ºS, nous allons au 55ºS. Notre navigation couvrira 10 degrés, mais fera probablement plus de 600 milles. À partir du cap Dos Bahias deux options sont possibles pour aller jusqu’à l’île des États : longer la côte ou couper tout droit vers le sud le long du 66ºW.
Naviguer à quelques milles de la côte permet de se protéger de la mer que lèvent les puissants vents d’ouest des cinquantièmes. Pour ne pas subir un fetch trop important, c’est à moins de 5 milles qu’il faut croiser. Les courants de marée, les îlots, les bancs de sable ou une possible saute de vent sous régulateur d’allure imposent une veille particulièrement vigilante.

 

Trajet de Loïck le long des côtes argentines entre Camarones, au nord de la Patagonie, et l’Île des États.


 

Choisir la route directe fait gagner 100 milles, mais expose à un risque de coup de vent d’autant plus redouté que les fonds dépassent à peine 100 mètres sur ce plateau continental. Dans cette région balayée par les dépressions, les prévisions des GRIB sont souvent contredites par une nature capricieuse, du jour au lendemain. C’est une route pour les bateaux rapides. Pour Loïck nous pensons que ce serait jouer à la roulette russe avec un fusil de chasse.

 

Jour 1 : La perfection est de ce monde

 

Nous quittons le port accompagnés par une bande de dauphins de Commerson. Pas un nuage, pas un souffle d’air, leurs corps noirs et blancs luisent sous le soleil lorsqu’ils percent le miroir de l’eau huileuse. Ces animaux sont-ils aussi profondément joyeux qu’ils en ont l’air ?

 

Les céphalorhynques de Commerson vivent près des côtes.


 

Nous appelons la préfecture maritime par VHF pour signaler notre départ. Les Argentins, comme les Chiliens, demandent de reporter une position par jour par tous les moyens possible. Nous avons écopé d’une amende de 100 euros à Bahia San Blas pour avoir manqué de signaler Loïck depuis Buenos Aires. Plus tard dans notre navigation, je n’ai pas pu envoyer de mail pendant deux jours, quand nous avons pu nous connecter, nous avons reçu un mail de la Préfecture Navale qui nous demandait si tout allait bien à bord.
Vers midi, au passage du cap Dos Bahias, nous touchons du vent.
Parmi les choses parfaites dans ce monde, il y a Loïck en ciseaux descendant vers le sud poussé par 15 nœuds de vent tiède dans la nuit étoilée.

Une belle journée de vent. Les Commerson nous suivent toujours dans les vagues.

 

Jour 2 : Lagénorhyques obscurs

 

Durant la traversée du golfe de San Jorge, les lagénorhyques obscurs remplacent les petits Commerson rondouillards. Ce nom barbare désigne aussi un dauphin à bec court, plus grand le céphalorhynque de Commerson. Ils nous accompagnent toute la journée et nous donnent l’occasion d’observer de jolis sauts. Ils semblent se foutre pas mal du temps qu’il fait. Le vent monte, les vagues grossissent, nous finissons la journée avec deux ris et génois roulé au tiers, toujours en ciseaux.

 

Jour 3 : Droit sur la Terre de Feu

 

Nous arrivons à la hauteur de San Julian (49ºS). Les GRIB nous assurent qu’il souffle 15 noeuds de NO sur notre calme presque parfait. Je ne suis pourtant pas de ceux qui accablent les métrologues. Trois ou quinze nœuds dans un marais barométrique ne sont pas des événements très différents sur le plan météo. Les jours qui suivent ne prévoient que des petits airs, les pressions ne devraient pas changer. Finalement, tout l’équipage décide de quitter l’abri de la côte pour tirer droit sur la Terre de Feu. En revanche, une grosse dépression arrive, c’est une certitude sur laquelle les GRIB ne se trompent pas. Dans 5 jours – mais ça aussi ça peut changer. Le prochain abri correct est à 300 milles. Bahia Thetis est à la pointe est de la Terre de Feu au cap San Vincente. Puerto Deseado, Puerto San Julian, Puerto Santa Cruz, et surtout Puerto Gallegos les ports de la côte sud de l’Argentine sont compliqués d’accès : bancs de sable, courants puissants, souvent loin dans les terres. Les voiliers préfèrent les éviter.

 

Pas une ride sur l’eau, on regarde les lagénorhyques obscurs nager.


 

Le soleil brille, la mer s’aplatit de plus en plus. Je fixe l’éolienne, c’est le signal. Si elle tourne, on peut arrêter le moteur. Il ne nous faut que 8 nœuds de vent sur cette mer plate… Vers 17 heures on y a cru, on a envoyé le spi. Dix minutes plus tard, nous étions de nouveau au moteur.
 

Jour 4 : Encalminés au 50ºS

 

L’inconvénient de notre moteur, c’est qu’il boit.

Au petit matin, Loïck passe le cinquantième Sud au moteur sur une mer d’huile. Il fait grand beau, nous pouvons suivre la nage des dauphins sombres à travers une eau sans plis, transparente. Nous avons des dauphins à l’étrave depuis notre départ de Camarones. Quatre jours pratiquement sans discontinuer. Ce ne sont pas toujours les mêmes groupes, mais c’est la première fois que nous en observons autant aussi longtemps. Avec de tels compagnons, nous ne pêchons rien, malgré tous les indices d’une vie sous-marine florissante.
Les albatros à sourcils noirs et les pétrels sont posés sur l’eau. Parfois le bateau traverse un groupe d’oiseaux. Après quelques regards inquiets, l’individu le plus proche décide à contrecœur de déplier ses ailes et commence une course dont on se demande si elle vaincra un jour de la pesanteur. Les cris des sternes pourraient passer pour de la moquerie. Mais toujours, après ce fastidieux décollage, l’oiseau pataud devient “le prince des nuées”. Cette pétole nous donne le temps de relire Baudelaire(2).
Il fait bon. Le bateau est complètement ouvert, une odeur de cuisine sort du carré. Schuss nous fait découvrir les machas(3), des coquillages au four avec du parmesan. Leurs petites langues orange pointent sous le fromage fondu avec sensualité. Nous n’avons pas de vin blanc, mais le rouge ira bien. Je ne suis pas un grand buveur en mer, mais avec ce temps on pourra même faire une sieste.
Pourquoi je déteste la pétole ?

 

Jour 5 : Latitude canal de Magellan, 100 milles à l’est

 
Caroline me donne le quart à une heure du matin. Un petit air d’ouest a pris Loïck en charge. Je fais les comptes des heures moteur de la journée d’hier : 21 heures.
Plus tard nous raconterons, un peu déçus, à un couple d’amis qui sont depuis deux dans le sud, que nous avons passé les cinquantièmes (comme le Cap Horn) au moteur. Ils nous ont répondu : “Depuis que l’on est dans le Sud, on a changé d’avis : un jour de pétole, c’est un jour de chance.”
Malgré trois petites heures de moteur dans la matinée, le vent d’ouest se maintient.
Il nous reste 140 milles. Dans 30 heures les GRIB prévoient 50 noeuds synoptiques. Nous devrions être arrivés à l’Île des États.
 
Notes :

1/ Jules Verne, Le phare du bout du monde.
2/ Charles Baudelaire L’Albatros dans Les Fleurs du Mal.
3/ Macha ou concha navaja en Espagnol, razor clam en Anglais, je n’ai pas trouvé le nom en Français.
Mollusque de la famille des couteaux, bivalve que l’on trouve sur les côtes du Perou, du Chili et dans le sud de l’Argentine. Les machas sont une spécialité chilienne qui se cuisine trempés dans un peu de vin blanc ou de pisco, saupoudré de parmesan et passé rapidement au four.

 

L’envol des albatros à sourcils noirs.


 
 

La visite du lion

Par

 

A l’occasion d’une plongée pour photographier le kelp (et tenter de retrouver une dame de nage) j’ai eu la visite d’un lion de mer.

 

Le kelp flotte grâce à des vésicules de gaz attachées à la ramure.

 

Sous l’eau une ambiance de forêt de Brocéliande

 

Le kelp fait penser aux laminaires de Bretagne. C’est un mot générique anglais qui désigne ces grandes algues célèbres en Patagonie, mais qui existent aussi aux Malouines, en Nouvelle Zélande et en Amérique du Nord

 

Tout à coup il était à un mètre de moi. Il virait avec l’agilité sous marine qu’on leur connait. Je n’étais pas complètement rassuré, mais totalement fasciné.

 

Il a expiré de l’air sous l’eau produisant un bruit de déflagration surprenant. Peut-être une stratégie d’intimidation, de défense ou d’alerte car je ne l’imagine pas hors de souffle. Et il est parti.