En Terre de Feu, les bateaux doivent être équipés de centaines de mètres d’amarres flottantes pour pouvoir « mouiller ».

 

Les mouillages en Terre de Feu sont plutôt des amarrages. Une fois posée l’ancre sur le fond pour stabiliser le bateau, il faut mettre l’annexe à l’eau et tirer des amarres à terre. Au moins deux, souvent quatre. Pour notre première escale dans les latitudes australes, la manœuvre prend une bonne heure.
 

En vrac dans le sac

 
Démarrer les sangles de l’annexe sur la plage avant, la gonfler et la mettre à l’eau nous fait regretter de ne pas avoir la belle paire de bossoirs listés sur le cahier des charges du « bateau-de-nos-rêves-que’on-n’aura-jamais-et-alors-? ». Schuss monte dans l’annexe avec le bout d’amarre que Caroline fait défiler dans le chaumard. Sur Loïck les amarres se rangent en vrac dans de grands sacs. Deux sur le roof, un sur le balcon arrière. C’est une technique satisfaisante (merci à Gabi du Corcovado). Les pros du sud les enroulent sur des tourets installés au pied de mat où à l’arrière.
Je reste à la barre pendant la manœuvre, moteur en marche pour corriger les mouvements de Loïck poussé par des risées irrégulières qui tournent dans la caleta. Nous sommes coincés entre la berge et une petite île. Un bras de mer d’une petite centaine de mètres de large. Parfait pour s’amarrer, un peu étroit pour éviter.

 

Mouillage à Puerto Hoppner. Une amarre devant, une derrière. L’ancre est à 90° du bateau vers bâbord.


 

Sac en bâche à camion pour 100m d’amarre. Ils peuvent aussi être accrochés aux filières.


 

Amarres flottantes

 
Nous étrennons le nouveau bout en polypropylène tressé de 16 mm que nous avons trouvé à Buenos Aires. On dirait de la drisse tellement cette amarre est belle sauf qu’elle flotte, une propriété indispensable pour ne pas se prendre dans l’hélice et ne pas se charger de kelp. Sa charge de rupture est de 3700 kg, ce qui est mieux d’une chaîne de 8. Plus que suffisant pour nos 12 tonnes dans des caletas où l’on peut redouter le vent, mais pas la mer. Sans compter les drisses et les écoutes de secours qui pourrait servir au cas où, nous avons 340 m de polypropylène de 16 m. Nous pouvons aussi utiliser les 100 m de polyester du second mouillage à poste dans le coffre arrière (ne flotte pas).
 

Schuss à la pêche aux crabes

 

 

Sac de nœuds

 

Schuss choisit de jolis troncs d’au moins 15 cm. On a débattu longuement du choix des nœuds. Notre solution ressemble à ça :
Nous avons une élingue fourrée de tuyau qui fait un tour mort autour de l’arbre, dont la boucle est fermée par un nœud de pêcheur. L’amarre vient saisir cette boucle par un double nœud d’écoute. L’idée était de se débarrasser de la faiblesse que produit le nœud de chaise (30 % de la résistance à la rupture en moins) au profit du nœud de pêcheur, parait-il, un peu plus respectueux du cordage.

Mais arrivés à Ushuaia, Jean du Boulard qui navigue en Patagonie et en Antarctique depuis 19 ans a balayé notre usine à gaz d’un proverbe marin : un tour mort, deux demies-clef n’ont jamais manqués. Il a ajouté que ce nœud avait l’avantage de se défaire sous tension. Adopté.

 

La couleur naturelle de la centolla est rouge sang


 

Et c’est après avoir attaché le bateau que Schuss voit, dans l’eau transparente, une centolla ! Pour cette fine gueule, qui n’avait mangé cette grosse cousine de l’araignée qu’au restaurant, voir ce fruit rouge de la mer à seulement un mètre de profondeur lui a fait un effet… Comment dire..? Vous vous souvenez du loup de Tex Avery devant Red Hot Riding Hood ?

 

Et c’est devant nos airs médusés qu’il s’est déshabillé pour plonger dans l’eau glacée…
Notre premier mouillage-araignée.

 

 

Voici deux vues du même mouillage à la caleta Coloane. Il serait possible de mouiller dans plusieurs endroits dans ce bassin fermé, mais cette petite crique permettant de poser 4 amarres est plus sûre.

 

Caleta Coloane sur l’île Hoste


 

Mouillage-araignée à la caleta Coloane, vu au niveau de l’eau.