Quel type de cartographie utilisent les voiliers qui naviguent dans le Sud ?
Suite de l’article sur les tablettes à bord.

 

Pour faire l’article sur les tablettes à bord, j’ai rencontré 23 voiliers amarrés à Ushuaïa pour les fêtes.
Au-delà de l’usage des tablettes,  j’ai pensé que les chiffres de ce mini-sondage sur des bateaux de grands voyages pourraient vous intéresser.

 

Je suis entré en contact avec presque tous les bateaux hauturiers présents, il doit m’en manquer 5 ou 6 (sur corps morts), ce qui donne une idée de la fréquentation d’Ushuaïa à un temps “T” en pleine saison. Le taux de renouvellement est important. Les voiliers restent souvent moins de deux semaines. Le temps de faire l’avitaillement et de partir en Antarctique ou dans les canaux de Patagonie.
Il doit y avoir environ le même nombre de bateaux à Puerto Williams, en face, au Chili. Je ne compte pas les voiliers locaux, plus petits, caboteurs, au moins aussi nombreux.

 

La baie d’Ushuaïa en été, une importante rotation de bateaux.

 

Quelles nationalités ?

 

Le club Nautico où est amarré Loïck

Commençons par les nationalités. Les pavillons n’étant pas toujours représentatifs des équipages, j’ai pris en compte la nationalité des skippers : 2 Italiens, 2 Espagnols, 2 Argentins, 1 Hollandais, 1 Suisse, 2 Australiens, 1 Anglais, 1 Polonais, 11 Français.
Quasiment un voilier sur deux est français .
Si l’on croise ces chiffres en séparant les voiliers de plaisance (12) et ceux de charter (11), les Français sont encore plus représentés : 60 % des bateaux en plaisance.

 

La taille importe-t-elle ?

 

Selon la même distinction pro/non pro, la moyenne de la taille des bateaux est de 15,30 m pour les charters et 12,50 m pour les voiliers en plaisance. Le plus petit mesure 10,5 m, le plus grand 22,5 m, la moyenne générale est de 13,80 m.

 

Une question d’âge ?

 

Les bateaux qui naviguent dans le Sud ont un certain âge, seuls 6 sur 23 ont été construits après l’année 2000. L’âge moyen du groupe nés au XXe siècle est l’année 1986 (6 dans les années 90, 7 dans les années 80, 4 dans les années 70).
Et à propos d’âge, le chiffre pour les skippers est de 51 ans avec beaucoup de monde au-delà de 60 ans, mais aussi quelques skippers de 30 ans qui font bien baisser la moyenne.

 

Quelle cartographie ?

 
Treize voiliers déclarent avoir la carte papier sortie et y reporter les positions GPS. La moitié d’entre eux ont aussi un ordinateur ou un traceur allumé « pour la trace » disent-ils en général, mais aussi pour le cap et la vitesse. Pas vraiment pour la carte. Les dix autres voiliers naviguent en majorité au traceur (6/10), les quatre restants avec OpenCPN, comme nous. Même ceux qui utilisent les écrans ont des cartes papiers à bord au cas où.

 

Le club AFASYN, le club le plus important d’Ushuaïa

 

Les tablettes pour quoi faire ?

 
Seulement onze skippers ont aussi une tablette à bord, moins de la moitié. Surtout des iPad (que deux Samsung), tous chargés de cartes Navionics sauf un (SEAiq). Deux iPad ont aussi iSailor. Personne n’utilise les tablettes pour naviguer, mais trois bateaux disent l’avoir dans le cockpit pour les arrivées.
 
L’usage de la tablette est avant tout pour l’Internet, car l’objet est léger et facile à transporter au café où les réseaux sont souvent de meilleure qualité que dans les marinas. Viennent ensuite la lecture, en particulier des PDF, le visionnage de films et le confort d’avoir des cartes marines avec soi pour s’y référer lors d’une discussion de ponton. Chacun envisage la tablette comme un bon outil de navigation de secours.
 
Avant de commencer ce sondage, je n’imaginais pas une telle persistance du papier sur les tables à carte. Et ce n’est pas une question d’age. Les deux équipages trentenaire utilisent le papier. Mais plutôt une question de temps sur l’eau. Les marins récents ont tendance à privilégier les écrans.
Peut-être que la toxicomanie numérique diminue avec la longueur des voyages ?

 

À Ushuaïa aussi, todos somos Charlie