En grande croisière, quel équipement est encore plus utile qu’une paire de palmes ? Réponse : un vélo.

 

La paire de palmes permet de se déplacer plus rapidement dans l’eau, la bicyclette permet de se déplacer plus rapidement sur terre. À moins que vous ne passiez plus de temps dans l’eau que sur terre, c’est le vélo qui est le plus utile des deux. CQFD.
Au cas où vous auriez des doutes, je propose cette comparaison absurde non pas pour vous dissuader d’emporter une paire de palmes, mais pour vous suggérer d’emporter un vélo. Autant que ce soit clair ; c’est le sujet de ce billet.

 

 

Quand on pense à la grande croisière, ce sont des images de mouillage dans des lagons qui surgissent. De belles matinées où l’on s’immerge, le corps et l’âme, dans l’eau claire pour retrouver les sensations perdues du liquide amniotique. Une paire de palmes au pied. Ce fantasme n’est pas un songe, n’oubliez pas vos palmes.

 

Le vélo, l’outil parfait pour découvrir les escales et faire les formalités administratives

 

Cela dit, avant de partir, on imagine moins le temps que l’on devra consacrer au Ravitaillement, à l’Administration et à la Maintenance. Appelons cela les RAM pour faire court. Les corvées de RAM se font à terre et engendrent un nombre de kilomètres impressionnants. Supermarché, laverie, café internet, mais il y a aussi le joint bizarre de cette pompe dont j’aimerais avoir le concepteur devant moi juste une minute pour lui ruiner sa journée comme il est en train de ruiner la mienne. Ou encore ce fonctionnaire de la douane qui nous explique qu’après avoir fait viser l’importation temporaire du bateau par la préfecture maritime à l’autre bout de la ville, il faudra lui en rapporter une copie signée.
« Et pour les bureaux de l’immigration ?
- Le mieux, c’est de prendre un taxi. »

 

Les RAM sans la galère

 

Prévoir un bon porte-bagage.

Le vélo est une grande source d’économie d’argent et de temps. Au moins quatre fois plus rapide que la marche à pied, il multiple donc aussi au moins par quatre le territoire accessible. Sans compter qu’il est moins fatigant de pédaler que de marcher. En général les vélos de bateau se plient et peuvent donc être mis dans les transports en commun, ou dans un taxi pour économiser une partie de la course ou de la fatigue, selon.

 

L’autre grand avantage du vélo c’est sa capacité de charge. Le gaz par exemple. Dès que l’on sort des sentiers battus, c’est un des coups de RAM fastidieux. Il faut souvent aller à la limite de la ville où l’usine qui remplit les bouteilles acceptera votre bonbonne française (si vous avez le raccord). Un bon vélo doit avoir un porte-bagage solide.

 

Comparaison Brompton / Dahon

 

Sur Loïck, nous avons deux bicyclettes : un Brompton et un Dahon en alu. Après trois ans de voyage, nous n’avons pas à nous plaindre d’aucune des deux marques. Le Brompton est un excellent vélo, plus facile à ranger que le Dahon et de meilleure finition. En plus du gros sac à l’avant, bien solide, nous aurions dû lui acheter un porte-bagage. La seule maintenance en trois ans fut deux rayons cassés à la roue arrière. Bien qu’il soit en acier, il n’a pas de trace de rouille. Le gros inconvénient du Brompton c’est son prix et la peur de se le faire voler qui va avec.

 

Il est parfois assez risqué de faire du vélo dans des pays où règne la toute puissance de la voiture, comme ici au Brésil.

 

Le Dahon est plus léger, plus grand, plus rapide, avec un bon porte-bagage. Un peu plus encombrant, il vieillit plus vite. Les tenseurs de câbles n’ont plus de filetages (ils sont en alu!), le skaï de la selle laisse sortir de la mousse par endroits, j’ai changé le câble des vitesses, l’attache du guidon et je ne donne plus très cher des pédales pliantes. Seule la réparation du moyeu du pédalier au Maroc était un peu délicate, mais il existe de bons mécanos pour vélos partout dans le monde. Il faut penser à prendre des pneus et chambre à air de rechange, les petites roues ne sont pas courantes.

Facile a conjuguer avec le train ou le taxi.

 

 Acheter sur place.

 

Le Bompton valait 1100 euros sans les accessoires, le Dahon 600 euros et nous l’avons trouvé à 300 sur le Bon Coin. Quel que soit le vélo, nous sommes contents d’avoir choisi de bons rouleurs (respectivement 6 et 7 vitesses) et capables de porter lourd. Il nous est arrivé de faire de grosses courses en les chargeant comme des ânes puis en les poussant comme des caddies.

 

Ces objets paient amplement leur place à bord, nous les utilisons tout le temps, même ici, à Ushuaïa. Ceci dit, pour les longues escales, nous avons croisé des bateaux qui préféraient acheter un vieux biclou sur place et le revendre — ou le donner — au moment du départ.

 

Acheter un vélo local, une bonne solution pour les longues escales.

 

Slogan de la Masse Critique

 

Notre engagement pour la petite reine avait déjà commencé à Paris. À Buenos Aires nous avons participé à une Masa Critica. Ce rassemblement de militants pro-velo dans cette ville encore trop dédiée aux voitures nous a permis de faire une belle balade et de jolies rencontres. La plupart des bicyclettes portaient un petit panneau : un auto menos (une auto de moins).